En réalité, Michel Onfray veut sauver la psychanalyse contre Freud et les psychanalystes : «une psychothérapie pour aujourd’hui»
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Dessin de Maëster mai 2006, pour les 150 ans de Freud : http://goo.gl/dXU7Sur l’affaire Onfreud :
Où l’on découvre dans les propos de M. Onfray dans la presse et à la télévision qu’il cherche à substituer à la psychanalyse dite « freudienne » une « psychothérapie pour aujourd’hui », « psychanalyse post-freudienne », consistant en… la « méditation philosophique », substituée par supersessionisme. Et que pour cela, il cherche à ridiculiser la règle fondamentale, la « loi » de la psychanalyse, qui consiste du côté du patient à dire tout ce qui vient à l’esprit (« association libre »). Et que dans ces conditions, le livre de M. Onfray cherchant à ridiculiser Freud n’est qu’un moyen de parvenir à ses fins qu’il révèle par ailleurs : « je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », in article de M. Onfray sur le site du Monde, cf. ici infra. Où l’on découvre que tout ceci est motivé par la phobie de la notion “freudienne” selon laquelle la « normalité » n’existe pas, et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre les « normaux » et « ceux qui ne le sont pas », et que M. Onfray estime cela scandaleux et tient à une frontière nette entre les deux, afin de pouvoir se placer… devinez dans quelle catégorie : voilà toute l’affaire. Voilà ce qu’y trouvent ceux qui soutiennent M. Onfray dans son ambition.
http://nouvelles-hybrides.fr/wordpress/?p=1937 : « O. Pinel le 2 juin, 2010 à 17:19 : Les amis du couteau sans lame auquel on a ôté le manche se réjouissent d’accueillir un nouveau membre dans leur confrérie : en effet, l’invention par Michel Onfray d’une « psychanalyse post-freudienne», où il n’y aurait plus d’associations libres, donc plus d’analyse, et plus de psyché non plus puisqu’on ne s’intéresserait qu’à la pensée claire et transparente, satisfait parfaitement aux critères de l’association. La cérémonie de réception, réservée aux membres de l’association (à jour de leur cotisation), sera ouverte à tous, et sera conclue par une salve d’applaudissements sans les mains. O. Pinel secrétaire perpétuel provisoire ».
AFP/François Guillot — Photo prise le 14 avril 2010 à Paris d’une personne lisant le nouvel ouvrage de Michel Onfray « Le Crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne », paru le 21 avril.
Mise à jour du présent article : 3 juin 2010
Ci-dessous
SOMMAIRE
— des extraits de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 (mais non paru dans l’édition papier)
— un premier commentaire de l’article de M. Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010
— des extraits du Dossier publié par Le Monde, sur site le 7 mai 2010 et dans l’édition papier le 8 mai 2010 : deux articles parmi ceux du dossier
— les liens vers les enregistrements vidéo de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier le samedi 8 mai 2010
— la transcription et le bref commentaire des passages estimés essentiels de la prestation télévisée précitée de M. Onfray le 8 mai 2010 *avec une addition du 14 mai 2010*
— le lien vers le blog de M. Onfray qu’il consacre à son livre et les suites de celui-ci notamment dans les médias : essentiel pour mieux apprécier la “mentalité” de M. Onfray
— le lien vers le blog d’Emmanuel Fleury qu’il consacre à l’affaire Onfray et notamment liste la plus complète des liens vers les articles relatifs à cette affaire.
— ne pas manquer l’article de Philippe Petit, « Freud, Michel Onfray, et les élites parisiennes ! » : <http:>.</http:>
— addition 15 mai 2010 : Sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
— addition 3 juin 2010 : Sur les notions de « santé mentale » et « maladie mentale »
Dossier dans Le Monde :
La planète psy dans tous ses états
LEMONDE.FR | 07.05.10
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(récapitulatif des articles du dossier).
Point de vue
Psychanalystes, encore un effort si vous voulez être républicains…, par Michel Onfray
LEMONDE.FR | 07.05.10 non paru dans l’édition papier
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= http://goo.gl/ePhN | imprimer : http://goo.gl/vOkA
je réhabiliterai le freudo-marxisme contre la psychanalyse freudienne (…)
– (…) je souhaite dire que j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui. Dès lors que je ne peux me prévaloir de la clinique, il n’est pas question pour moi d’élaborer seul et pour le papier une psychanalyse post-freudienne. Je crois aux vertus de ce que Bourdieu nommait « un intellectuel collectif », un groupe de travail dans lequel chacun se soucie moins de faire triompher les passions tristes, la haine en premier lieu, que les passions de ce que Habermas nomme « l’agir communicationnel ».
– (…) Le lacanisme a moins été une Réforme au sens de Luther qu’une contre-réforme freudienne. Pour en rester à la France : le coup de génie sartrien de la psychanalyse existentielle dans L’Être et le Néant, puis dans L’Idiot de la famille, la proposition faite par Politzer d’une psychologie scientifique, les immenses potentialités freudo-marxistes, L’Anti-Œdipe de Deleuze et Guattari ou Le psychanalysme de Robert Castel, sinon les pages extrêmement critiques de Derrida contre la psychanalyse dans un livre d’entretien avec une certaine… Élisabeth Roudinesco intitulé De quoi demain…, ou bien encore les acquis des sciences nouvelles, de l’éthologie aux neurosciences en passant par la biologie moléculaire, toutes ces critiques fournissent pourtant depuis un demi-siècle de véritables occasions philosophiques de réforme — elle n’a pas eu lieu.
– On peut ne pas vouloir débattre, ne pas entendre les voix discordantes, les criminaliser de la façon la plus pitoyable qui soit : ça n’est pas ainsi qu’on sauve un bateau qui coule. L’an prochain, quand les vociférations parisiennes et médiatiques auront cessé, dans le calme provincial de l’UP [université populaire] de Caen, je poursuivrai mon travail de contre histoire de la philosophie en examinant la richesse potentielle des œuvres de Reich, de Fromm et de Marcuse. L’UP accueillerait volontiers des voix de psychanalystes libres avec lesquels un véritable dialogue pourrait se nouer afin d’envisager la positivité d’une psychanalyse post-freudienne. Mais la positivité est une aspiration si peu dans l’air du temps…
– Michel Onfray est philosophe et écrivain >>
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Commentaire :
J’ai repris ci-dessus dans les extraits de l’article de Michel Onfray paru sur le site du Monde le 7 mai 2010 ceci : « Le lacanisme a moins été une Réforme au sens de Luther qu’une contre-réforme freudienne. ». Avoir dans un premier temps omis cette citation m’étonne moi-même : l’on y voit que Michel Onfray implicitement se compare à Luther, contre le pape dévoyé Freud donc (il semble que pour Onfray les saintes écritures soient celles de Nitch). Onfray écrit aussi : « je réhabiliterai le freudo-marxisme contre la psychanalyse freudienne », il évoque « les immenses potentialités freudo-marxistes », il se pose en « sauveur du bateau qui coule » (ou : qu’il coule lui-même, ou c’est ce qu’il désire pour en être le sauveur), il écrit (dans le même article) « j’aimerais que ce livre soit aussi et surtout l’occasion de penser une psychothérapie pour aujourd’hui », il se pose comme le “vrai Freud”, puisqu’il pose par ailleurs celui-ci comme un imposteur. Il revendique pour ses vues la dénomination de « psychanalyse », puisqu’il veut « élaborer une psychanalyse post-freudienne », et parle plus loin de « positivité d’une psychanalyse post-freudienne ». Il écrit « je ne peux me prévaloir de la clinique » : Freud n’ayant pas été analysé selon la pratique qu’il a développée, Onfray dans le même cas est encore plus fort puisqu’il n’envisage d’analyser personne ; il ne saurait donc se soumettre lui-même à sa nouvelle « psychothérapie pour aujourd’hui » (qui ne saurait concerner que les autres que lui). Ce que je n’arrive pas à comprendre dans tout cela, c’est la contradiction entre l’apologie d’un « freudo-marxisme » et la contestation “onfray-luthérienne” de Freud comme pape. Peut-être s’agit-il de sauver pas seulement les saintes écritures précitées, mais aussi la papauté contre le pape, mais alors il s’agirait simplement d’un « ôte-toi de là que je m’y mette » ? Je suis perplexe. L’affaire ne peut pas se limiter à cela, tout de même ? Alors que vient faire la référence à Luther et sa Réforme, rappelée un peu plus loin par les termes « véritables occasions philosophiques de réforme » ? Que signifie de la part d’Onfray de continuer à *se réclamer du nom de Freud* par l’expression « freudo-marxisme », « les immenses potentialités freudo-marxistes » ? Simple “théologie de la substitution” <http:> ou supersessionisme <http:>, encore et toujours ? Tout ceci est à donner le tournis, de la part de l’auteur du « Traité d’athéologie ». — Quant à estimer qu’Onfray est animé par la haine, oui bon peut-être, mais celle-ci n’est-elle pas un résultat de la théologie de la substitution ? ou sa source ? Et dans le cadre de ce qui serait cette “haine de Freud” (mais pas de la psychanalyse qu’il veut « réformer » et dont il conserve la dénomination), il reste qu’Onfray continue à se réclamer du nom de Freud, caractéristique d’une théologie de la substitution. Par celui qui s’est présenté lui-même comme « moi qui suis tout juste un goy terroir ‹ du bocage de Basse-Normandie › » <http:>. Nous allons donc peut-être savoir par la suite en quoi consiste la « psychanalyse post-freudienne » nouvelle « psychothérapie pour aujourd’hui » « freudo-marxiste »… et pour résumer, « goy terroir », selon les propres termes de Michel Onfray par lesquels il se désigne lui-même. L’on ne peut qu’être… impatient. « Terroir » semble s’opposer à « cosmopolite », et s’agissant de « goy »… quelqu’un pourrait m’expliquer ? :)</http:></http:></http:>
Je plaisante bien sûr, d’ailleurs je ne fais que ça. Vive le bocage libre.
François-R. Dupond Muzart
Pour du sérieux, voir les articles ci-dessous.
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La planète psy dans tous ses états
Le ressentiment du philosophe, une demande d’analyse en souffrance, par Marc Strauss
LEMONDE.FR | 07.05.10 paru dans l’édition papier du 8 mai 2010
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En réalité, il n’est pas un concept de Freud qui n’ait été discuté, critiqué, voire combattu par Freud lui-même ou ses successeurs. Néanmoins, il est vrai que le geste fondateur de la psychanalyse reste pour eux, sinon inexplicable, du moins indiscutable : l’association libre.
– Encouragez quelqu’un à parler de manière à ce qu’il accepte d’essayer de vous dire tout ce qui lui passe par la tête, et il s’en déduira toute une série de conséquences. En particulier le fait que le sujet tienne à continuer, parce que ça lui fait un effet très particulier. Il peut même, sans nécessairement s’en rendre compte, tenir à la relation qui se noue avec qui l’écoute.
– Là donc, ça tient, et rudement. Le fait est, d’expérience. Pourquoi ça tient, et où ça va, tout cela se discute. D’autant que toujours le sens fuit, comme disait Lacan. Autrement dit, il n’y a pas de dernier mot de la vérité et là, Michel Onfray a bien saisi le truc. Le problème, c’est qu’il en déduit du coup que la psychanalyse est invalidée, alors que justement ce n’est que par là qu’elle fonde sa certitude.
– Freud d’abord, Lacan ensuite, se sont échinés à saisir, au-delà de l’image, le traumatisme inaugural qui fait l’être humain en souffrance d’une vérité qui lui échappe. Et ils ont trouvé. Freud l’a exprimé d’un mythe, la castration, dont Lacan a montré qu’elle était le nom de l’impossibilité à tout dire, qui nous frappe tous, et dont nous recouvrons l’horreur dernière par nos croyances, conscientes aussi bien qu’inconscientes. Ils ont trouvé, au-delà de ces croyances incertaines, le moyen pour qui le souhaite d’ouvrir les yeux sur ce qui, dans la vie, le supporte, dans ce qu’il a de plus intime, de plus singulier.
– On l’aura compris, si nous donnons raison à Michel Onfray, ce n’est que pour la moitié du chemin. Que n’a-t-il mesuré que c’est à partir de ses conclusions mêmes que la psychanalyse se poursuit et se démontre, dans ce qu’elle a d’unique : l’accès à ce qui fait le réel propre à chaque sujet, qui n’est bien sûr pas le réel universel de la science, mais n’en est pas moins sans conséquences majeures dans la vie de tous.
– Est-il pertinent de se demander pourquoi Michel Onfray n’a pas poursuivi son chemin au-delà de sa découverte de l’inconsistance de la vérité, ce qui l’aurait amené, à n’en pas douter, à exercer son intelligence dans une tout autre direction ? On nous permettra d’interpréter l’épaisseur de son livre et les relais nombreux qu’il a trouvés dans les médias comme l’expression d’un ressentiment, partagé par beaucoup. Un ressentiment, fruit d’un amour déçu, pour s’être cru abusé, et qui n’a pas trouvé le relais congru pour s’interroger sur la tromperie de l’amour, voire de la parole elle-même.
– Autrement dit, le livre de Michel Onfray, avec ses outrances, ses excès, sa mauvaise foi, ses pensées nauséabondes, ressemble par trop à ce qui se déchaîne sur un divan pour n’y pas voir une demande d’analyse restée en souffrance. La perspective de rester seul avec une angoisse folle de se tromper justifie quiconque de se montrer aussi brouillon que téméraire dans son assaut contre son idole du moment.
– Et parce que notre époque spécialement y contraint les meilleurs et les plus sensibles, Michel Onfray n'est pas seul à s'indigner de ce que, malgré toutes leurs promesses, les savoirs se révèlent trompeurs. De surcroît, il est tout à fait justifié de prendre la psychanalyse comme cible centrale de cette rancœur, car elle a les moyens, à défaut de le résoudre, de répondre du malaise dans la civilisation. Encore, il est vrai, faudrait-il que les psychanalystes ne l'oublient pas, et s'emploient mieux à le faire entendre. (…)
– Marc Strauss est psychiatre-psychanalyste, membre fondateur de l’École de psychanalyse des forums du champ lacanien (EPFCL). >>
La planète psy dans tous ses états
Qui a peur de Michel Onfray ?, par Serge Tisseron
LEMONDE.FR | 07.05.10 paru dans l’édition papier du 8 mai 2010
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= http://goo.gl/bMVP | imprimer : http://goo.gl/Pp4H
– Déjà, Sandor Ferenczi, compagnon de route de Freud, lui reprochait de s’être écarté de l’idée première de traumatisme personnel et d’y avoir préféré l’analyse des fantasmes, le complexe d’Œdipe, la castration et l’envie du pénis, toute chose qui lui paraissaient de moindre intérêt.
– Plus près de nous, Jeffrey Moussaieff Masson (Le Réel escamoté, 1984) a mis en rapport la construction de la théorie œdipienne avec la crainte de Freud de se trouver marginalisé en prenant la défense des victimes qu’il recevait dans son cabinet. Selon cette théorie, les assauts sexuels que les patientes racontent avoir subis dans leur enfance sont des fantasmes. « Les thérapeutes pouvaient rester ainsi du côté des vainqueurs et des puissants plutôt que de celui des victimes misérables de la violence familiale », écrit Masson.
– L’historienne Marianne Krüll (Sigmund, fils de Jacob, 1979) s’est quant à elle intéressée au rôle des non-dits familiaux dans la famille du petit Sigmund. Que signifient pour un enfant d’être interdit par ses parents de réfléchir sur ce qu’ils étaient, sur leur passé, leurs inhibitions, leurs transgressions ? La réponse de Krüll est sans appel : on devient comme eux, on reproduit les mêmes comportements interdicteurs dans nos rapports avec les autres. Ainsi Freud exerça-t-il le rôle inhibiteur — il n’est pas excessif de dire castrateur — de son propre père vis-à-vis de ses disciples.
– Ce qui faisait dire au psychanalyste Nicolas Abraham, comparant le fondateur de la psychanalyse à Attila : « Là où Freud passe, l’herbe ne repousse plus. ». Marianne Krüll arrive à la conclusion que Freud a construit un pan entier de sa théorie pour masquer des questions douloureuses qui touchaient au tabou de son propre père : parmi ces éléments de théorie, il y aurait le mythe du meurtre du père primitif, et en fin de compte, toute la théorie œdipienne avec les nombreux concepts et les élaborations qu’elle fonde.
– Elle rejoint les travaux de Marie Balmary (L’Homme aux statues : la faute cachée du père, 1979) qui considère le complexe d’Œdipe comme une défense que Freud édifia pour se protéger contre l’angoisse que suscita en lui sa première découverte, celle des fautes sexuelles des pères.
– Une étape récente a consisté dans l’ouvrage Questions à Freud, de Nicholas Rand et Maria Torok, que j’ai publié en 1995. Pour ces auteurs, plusieurs des “grandes découvertes” freudiennes sont en réalité un mur que leur auteur a érigé pour tenter de se masquer l’étendue d’un drame familial occulté autour d’un trafic de faux roubles. Ils placent parmi ces constructions le complexe d’Œdipe, la prépondérance donnée aux fantasmes sur la réalité, la tentation d’établir un catalogue symbolique des objets présents dans les rêves, et l’envie du pénis chez la femme. Est-ce un hasard s’il s’agit des principaux domaines que Michel Onfray se targue d’être le premier à dénoncer ?
– Mais là où celui-ci conclut que Freud aurait abusivement généralisé les données contingentes de sa névrose personnelle dans une réflexion pseudo-scientifique et que ses prétendues découvertes ne concerneraient que lui, les auteurs que nous venons de citer prennent un autre parti. Pour eux, la théorisation freudienne serait partagée entre des découvertes authentiquement scientifiques et des affabulations défensives élevées abusivement au rang de concepts. Et ils concluent qu’une remise à plat de l’ensemble de la psychanalyse s’impose, pour séparer les idées freudiennes dont la valeur scientifique peut être établie de celles qui sont le reflet des petits arrangements du fondateur avec sa névrose.
– Alors, une question se pose : pourquoi ces appels, émanant de défenseurs de la psychanalyse et appelant à repenser de fond en comble le projet même de celle-ci, n’ont-ils pas ébranlé le paysage comme le fait le livre d’Onfray ? Parce que la partie se joue à trois et non à deux : les travaux critiques, les institutions psychanalytiques peu enclines à les relayer (sur leur immobilisme, Onfray a malheureusement raison) et les médias.
– Or ceux-ci ont changé : ceux des années 2010 semblent plutôt se réjouir de voir le freudisme contesté alors que ceux des années 1990 étaient tentés de le défendre quoi qu’il arrive. Autre élément, la formidable machine de guerre que les éditions Grasset ont mobilisée pour l’occasion. Mais on ne peut pas exclure non plus la responsabilité des psychanalystes eux-mêmes. Plus la psychanalyse est attaquée et plus nombre d’entre eux sont tentés de s’enfermer dans leur pré carré et de se draper dans leurs certitudes. Du coup, ils abandonnent malheureusement le champ de la critique freudienne à ceux qui refusent à la psychanalyse son caractère de voie d’accès unique à l’esprit humain et à ses réalisations. Alors, répétons-le : oui, la théorisation de Freud a subi le contrecoup de sa névrose et plusieurs concepts en sont directement le produit. Mais cela n’annule pas pour autant la portée d’autres de ses découvertes. Ce sont ces deux messages qu’il faut maintenir en même temps. Cette position est certes inconfortable, mais il n’y a de progrès possible qu’à ce prix. Tout le reste est démagogie.
– Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste. >>
Télévision 8 mai 2010
Michel Onfray dans l’émission de télévision de Laurent Ruquier du samedi 8 mai 2010
Sur le blog d’Emmanuel Fleury consacré à l’affaire Onfray, présentation commode des trois parties d’enregistrement vidéo de la prestation onfrayienne lors de l’émission de Laurent Ruquier : http://efleury.fr/OnfraymarteleFreud/onfray-zemmour-on-est-pas-couche
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Ou bien accès distinct sur le site Dailymotion :
— 1re partie :
http://www.dailymotion.com/video/xd8iho_onfray-vs-zemmour-naulleau-1-itv-on_webcam
— 2e partie
http://www.dailymotion.com/video/xd8ipy_onfray-vs-zemmour-naulleau-2-itv-on_webcam
— 3e partie :
http://www.dailymotion.com/video/xd8iz1_onfray-vs-zemmour-naulleau-3-itv-on_webcam
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Notes à parfaire :
Dans l’enregistrement de 1re partie, M. Onfray expose longuement son mépris pour l’association libre en tant que pratique « extrêmement narcissique », autrement dit ce qui constitue les faits de la psychanalyse dans la description retenue par la jurisprudence, « la règle fondamentale de la psychanalyse étant du côté du patient de dire tout ce qui lui vient à l’esprit ». M. Onfray veut y substituer l’étude de la philosophie (sic).
(Suite dont transcriptions, voir ci-après.)
Transcriptions et commentaires de la prestation de M. Onfray lors de l’émission télévisée de Laurent Ruquier du 8 mai 2010
Voici ci-après que retenir à mon sens de la prestation télévisée de M. Onfray lors de l’émission de Laurent Ruquier du 8 mai 2010 à la lanterne magique (en complément de l’article paru le 7 mai sur le site du Monde, cf. ci-dessus) :
— Enregistrement 1re partie, minute 17:05 <http:> | Sur l’« association libre », M. Onfray exprime le plus grand mépris, un rejet absolu ; il qualifie cette pratique d’« extrêmement narcissique », et il la ridiculise : la psychanalyse onfrayienne non-freudienne « post-freudienne freudo-marxiste » (sic M. Onfray, article sur le site du Monde du 7 mai 2010, précité cf. article ci-dessus) ne saurait donc comporter de la part du patient la libre association, ni l’encouragement en ce sens du praticien, ni que le praticien tolère la libre association de la part du patient ; alors que la jurisprudence a constaté que la psychanalyse se caractérisait par « la règle fondamentale du côté du patient de dire tout ce qui lui vient à l’esprit ». M. Onfray veut une psychanalyse non freudienne, qui exclut la libre association des paroles du patient. Mais dans ces conditions, c’est une tromperie de qualifier une telle pratique de « psychanalyse » : M. Onfray est donc un faussaire, il veut dénommer « psychanalyse » (post-freudienne, freudo-marxiste : en continuant bizarrement de se référer au nom de Freud) quelque chose qui n’a strictement plus rien de la psychanalyse, du côté du patient.</http:>
— Enregistrement 1re partie, minute 18:26 | En même temps M. Onfray énonce : « Prenez quand même le corpus ; Freud dit ça. Si maintenant vous dites ‹ oui mais enfin maintenant on prend des libertés ›, est-ce qu’on peut encore parler de psychanalyse. » – M. Onfray veut donc exercer la police de ce qui est ou n’est pas véritablement la psychanalyse, du côté du psychanalyste (après avoir, du côté du patient, rejeté la règle fondamentale de dire tout ce qui vient à l’esprit : cf. ici commentaire immédiatement précédent).
— Enregistrement 3e partie, minute 1:37 <http:> | M. Onfray ne supporte pas la notion freudienne qu’il expose selon laquelle « il n’y a pas de différence de nature entre quelqu’un qui est normal et quelqu’un qui ne l’est pas mais il y a simplement une différence de degré, le névrosé nous donne les clés pour comprendre l’homme “normal” » (bizarrement M. Onfray précise « entre guillemets » s’agissant de la deuxième occurrence du terme « normal »). M. Onfray a déjà exprimé le rejet de cette notion dans ses articles, il le réitère dans l’émission du 8 mai 2010. M. Onfray veut donc être bien certain de pouvoir être classé parmi les « normaux », et que la différence entre lui et ceux qui ne sont « pas normaux » soit parfaitement nette. Dont acte.</http:>
— Enregistrement 3e partie, minute 4:00 | Sur la distinction par M. Onfray entre la « psychanalyse freudienne » qu’il vomit et la « psychanalyse non freudienne » qu’il promeut : Gérard Garouste énonce « il (M. Onfray) attaque la psychanalyse » ; l’on entend une voix (apparemment celle de M. Onfray) qui l’interrompt en ajoutant « freudienne », puis l’on voit M. Onfray faire une mimique qui semble signifier « oui, effectivement » lorsque M. Garouste reprend les termes « psychanalyse freudienne ». L’on voit donc là que M. Onfray est cohérent avec son article paru sur le site web du Monde le 7 mai 2010 (article qui n’est pas paru dans l’édition papier, mais seulement sur le site) : il veut distinguer une bonne psychanalyse non-freudienne de la psychanalyse freudienne qu’il vomit (tout en appelant cette nouvelle psychanalyse « freudo-marxiste » en continuant ainsi à se réclamer du nom de Freud dans son article précité du 7 mai… cherchez l’erreur).
— Enregistrement 3e partie, minute 6:12 | Éric Naulleau : « Est-ce que refouler la psychanalyse, en tout cas la dénoncer, ça veut dire envoyer les gens vers la psychiatrie ou les théories comportementales/cognitives ? » – M. Onfray : « Réponse : oui, à quoi il faut ajouter la philosophie ; moi je défends la philosophie. Voilà pourquoi à l’université populaire on a des ateliers de philosophie pour enfants. (…) Je pense que si on aide les gens à se construire, il y aura moins de gens déconstruits, ou défaits ; et si on est dans la pédagogie, dans la construction, à ce moment là on s’aperçoit qu’on peut structurer des êtres. (…) Vous pouvez trouver votre bonheur à la méditation de Sénèque, de Pascal, de Saint Augustin si vous voulez, même ; des Évangiles pourquoi pas, pourvu que ce ne soit pas des affaires de religion. Et vous pouvez trouver votre compte à Montaigne ; Montaigne peut vous sauver la vie. Moi, Nitch m’a sauvé la vie. (…) » – Éric Naulleau : « Vous voulez remplacer le psychanalyste par le prof quoi, moi ça me va. » – M. Onfray : « Non, pas par le prof, par la vie philosophique. Il y a plein de gens qui ne savent pas quoi faire de leur vie, ça me paraît normal. Si vous leur dites : mais vous pouvez mener une vie philosophique – c’est fait pour tout le monde – lisez Sénèque, vous verrez, lisez Marc-Aurèle, lisez Épictète, lisez les philosophes de l’Antiquité, et vous verrez que si vous construisez votre existence, si vous fabriquez quelque chose qui vous donnera une colonne vertébrale, un jour vous n’arriverez pas effondré chez quelqu’un en vous allongeant sur son divan. » (sic… le divan conserverait donc un intérêt ?).
— À aucun moment M. Onfray ne parle des psychologues, hormis lorsqu’il dénonce à de multiples reprises ce qu’il appelle la « soupe psy » : il dénonce que par le terme « psy » l’on ne distingue pas les psychiatres, les psychologues et les psychanalystes (en affectant donc de croire que les psychanalystes ne sont ni psychiatres ni psychologues). Lorsqu’il répond à Éric Naulleau qui ne propose comme alternative à la psychanalyse que la psychiatrie ou les « théories » (sic) comportementales/cognitives, il répond oui : l’on en conclut donc que la seule activité valable des psychologues en matière de soins est celle reposant sur les théories comportementales/cognitives. Et lorsqu’il énonce qu’il faut ajouter à la psychiatrie et aux théories comportementales/cognitives… la philosophie, peut-être comprend-on très bien à quoi il veut en venir, alors que par ailleurs il préconise une « psychothérapie pour aujourd’hui » qui soit une « psychanalyse post-freudienne » : l’on comprend enfin que cette « psychanalyse post-freudienne » c’est… la philosophie, tout bêtement : il s’agit de la pratique de « méditation philosophique » qui va « sauver la vie ».
=== Addition 14 mai 2010 : ===
Sur son blog « Les ressorts du divan », à l’article du 13 mai 2010 <http:>, M. Onfray donne une citation éclairante tirée du livre d’entretiens de Jacques Derrida avec Élisabeth Roudinesco De quoi demain…, Fayard-Galilée, 2001, du chapitre intitulé « Éloge de la psychanalyse », p. 279-280 : J. Derrida écrit « La grande conceptualité freudienne a sans doute été nécessaire, j’en conviens. Nécessaire pour rompre avec la psychologie dans un contexte donné de l’histoire des sciences. Mais je me demande si cet appareil conceptuel survivra longtemps. Je me trompe peut-être, mais le ça, le moi, le surmoi, le moi idéal, l’idéal du moi, le processus secondaire et le processus primaire du refoulement, etc. – en un mot les grandes machines freudiennes (y compris le concept et le mot d’inconscient !) – ne sont à mes yeux que des armes provisoires, voire des outils rhétoriques bricolés contre une philosophie de la conscience, de l’intentionnalité transparente et pleinement responsable. Je ne crois guère à leur avenir. Je ne pense pas qu’une métapsychologie puisse résister longtemps à l’examen. On n’en parle déjà presque plus. ». M. Onfray ajoute : « confidences qui montrent bien qu’on peut être dégrisé en la matière et porter haut les couleurs de la philosophie des Lumières. Merci Jacques Derrida. ».</http:>
Une « philosophie de la conscience, de l’intentionnalité transparente et pleinement responsable » : nous y voilà, au paradis de la police judiciaire, des juges d’instruction, des procureurs et des présidents de chambres, celles-ci de toutes natures d’ailleurs. Même les rédacteurs du Code civil et du Code pénal n’en demandent pas tant. Mais “les” philosophes sont là pour le fournir. Eh bien, il n’y a pas que les psychanalystes, pour ne pas y croire, à ces fadaises de l’intentionnalité transparente et pleinement responsable : même les juristes ont précédé les psychanalystes, à ce propos. Il faut tout de même noter de la part de J. Derrida la formule « je me trompe peut-être ». Ce n’est plus chez M. Onfray que l’on s’attendrait à pareille formule. Là où il ne se trompe pas, c’est dans l’opposition qu’il constate à la croyance au surnaturel de la conscience, intentionnalité transparente et pleinement responsable. Même pour les juristes c’est une fiction, seulement pour les besoins de juri/diction. Personnellement, des articles comme celui-là de M. Onfray sur son blog, j’en redemande. Il est de plus en plus « transparent » : puisque c’est son souhait philosophique.
M. Onfray ne parle de la psychanalyse comme d’une religion que pour mieux nous entraîner dans son culte surnaturel de la conscience, intentionnalité transparente et pleinement responsable.
Voir aussi le blog de M. Onfray « Les ressorts du divan » : http://onfray.over-blog.com – Il est indispensable de lire ce blog pour comprendre la mentalité de M. Onfray
Voir en particulier l'article de M. Onfray relatif aux parutions dans la presse, notamment s’agissant des articles dont extraits ci-dessus : http://onfray.over-blog.com/article-le-bal-des-faux-culs-suite-49997147.html (à lire au moins pour le “style”). Il est effectivement dommage que l’article de M. Onfray dont les passages repris ci-dessus n’ait pas paru dans l’édition papier du Monde, afin que les lecteurs de l’édition papier connaissent ces points de la doctrine de M. Onfray.
=== Addition 15 mai 2010 ===
Sur la notion de science et si la psychanalyse est une science
Sur la notion de science et si la psychanalyse est une science : Il est indifférent de savoir si la psychanalyse est une science selon les critères de quelconques autres sciences, puisqu’elle est une méthode dont la règle fondamentale du côté du patient est de dire tout ce qui lui vient à l’esprit (selon la formulation par la jurisprudence), ce que les psychanalystes appellent association libre. Il est donc inopérant de savoir si ceci est une science ou non : c’est une méthode. Quant aux constructions théoriques qui sont effectuées, du côté des psychanalystes, à commencer par Freud, à partir de la pratique de cette méthode, elles sont ni plus ni moins scientifiques que la science juridique. On na va pas faire gober aux juristes que le droit n’est pas science juridique. La question est donc de savoir si la méthode définie ci-avant de la psychanalyse est une méthode de soin thérapeutique. Selon ce qu’ont constaté les lois françaises et la jurisprudence, c’est le cas, et au sens des termes « soin » et « thérapeutique » constaté en droit – cf. Cour de justice de l’Union européenne en matière de psychothérapie : http://www.facebook.com/posted.php?id=300259906937&share_id=104437269596342&comments=1&ref=share#s104437269596342 — Après, les philosophes comme les ingénieurs en mécanique peuvent s’exprimer dans des livres selon leur idée personnelle de la science, et sur leur dépit que la psychanalyse ne soit pas une science et même que la science juridique ne soit pas une science selon leurs critères personnels, cela n’a aucun intérêt pour savoir si la méthode de psychanalyse est un soin thérapeutique, puisque ce soin est irreproductible dans des conditions prétendues expérimentales, puisque par hypothèse la méthode repose sur les productions langagières du patient dans des conditions dans lesquelles aucune observation tierce n’est possible, ce qu’a également constaté la jurisprudence. Si l’on n’est pas d’accord avec cela, il faut changer les lois pour interdire aux juges de reconnaître cette méthode et sa pratique comme soin thérapeutique (par les psychologues, par les psychiatres, en particulier). C’est peut-être le but de M. Onfray avec son livre sur Freud et la psychanalyse. Tout le reste est une affaire médiatique et de parts de marché, marché universitaire comme marché des prestations de soin. Hors de cela, pour ce qui concerne le principe même, c’est en droit que cela se décide, selon la science juridique, selon le principe fondamental de prééminence du droit comme patrimoine commun proclamé par la Convention (du Conseil de l’Europe) de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales http://www.facebook.com/note.php?note_id=390755612884 – Et notamment en ce qui concerne la liberté dont celle d’expression, par laquelle M. Onfray comme qui voudra pourra dire tout ce qu’il appartiendra : peu importe, sauf pour la manifestation de la liberté d’expression en elle-même, et ses développements dans la contradiction. Mais il importe, puisque les développements de la liberté d’expression participent de l’élaboration des lois et du droit prééminent.
=== Addition 3 juin 2010 ===
Sur les notions de « santé mentale » et « maladie mentale »
http://www.liberation.fr/livres/0101633366-l-art-de-ne-pas-lire-freud
L’art de ne pas lire Freud
Par Jacob Rogozinski Philosophe
« (…) Lorsqu’il accuse Freud « de nier la différence de nature entre la santé mentale et la maladie mentale », de justifier « la folie, la perversion, la psychose» en excusant ainsi a priori les criminels nazis » (p. 564), ne sait-il pas que c’est au nom de cette différence «de nature» que l’on a légitimé les grands renfermements des temps modernes et les persécutions des prétendus anormaux ? Michel Onfray semble tout à fait fier de sa robuste santé mentale : à la camisole, le « pervers » Freud et ses semblables ! (…) »
———
http://pagesperso-orange.fr/michel.onfray/8annee26avril10.htm
Université populaire de Caen, Contre-histoire de la philosophie par Michel Onfray – 8e année Cours nº 164 – Lundi 26 avril 2010 « Un verrouillage sophistique »
« (…) Deuxième sophisme : Tout refoulement de l’analyse signale un névrosé dont, de fait, le propos est invalide
1. La résistance signale le refoulement qui prouve la névrose. (…)
2. Il n’existe pas une différence de nature mais de degré entre le normal et le pathologique :
— « On a reconnu de façon générale que les différences entre les individus normaux et les névrosés sont de nature quantitative et non qualitative » (Minutes IV. 59).
— Révolution nihiliste qui ne distingue plus bourreau et victime, voleur et violé, etc. (…) »
Blog d’Emmanuel Fleury consacré à l’affaire Onfray
La recension la plus étendue des articles sur l’affaire onfrayienne
La recension la plus complète des articles relatifs à l’affaire Onfray, par Emmanuel Fleury : http://efleury.fr/OnfraymarteleFreud/au-jour-le-jour
Ne pas manquer l’article de Philippe Petit, « Freud, Michel Onfray, et les élites parisiennes ! » : <http:>.</http:>
Aussi revue Études, « Mais de quoi Michel Onfray est-il donc le symptôme ? » :
http://www.revue-etudes.com/Arts_et_philosophie/Mais_de_quoi_Michel_Onfray_est-il_donc_le_symptome_/7498/12959
Et aujourd’hui, sans Freud, qu’est-ce qu’Onfray ?
François-R. Dupond Muzart
