Le point sur les parts de marché des navigateurs web à la veille de la rentrée
| Par Joseph A. - développeur
Travailler sur la conception de sites et applications Internet au quotidien nécessite d’être très bien informé sur les nouvelles techniques, qui sont ou pas supportées par les navigateurs et donc de bien connaitre les parts de marchés. Lorsque je discute d’un projet avec un client, il est important qu’il puisse savoir si un effet esthétique moderne dont il rêve peut ou non être supporté par la majorité des navigateurs, et donc être visible facilement par la majorité de son public. Tous les publics n’utilisent pas tous les mêmes navigateurs …
Il est malgré tout possible, dans la plupart des cas, d'arriver à l'effet escompté en ajoutant un peu développement spécifique pour les vieux navigateurs.
Petit tour d’horizon des navigateurs
Internet Explorer (IE), Firefox, Google Chrome, Safari, Opéra pour ne citer qu'eux représentent les principaux navigateurs actuellement utilisés sur le web.
Ci-dessous, je vous révèle certains chiffres et graphiques issus d’études fiables. Il faut en effet être critique et tenir compte de la méthode utilisée pour réaliser une étude avant de la considérer, car certaines d’entre-elles sont réalisées à la légère sur des sites qui ne sont pas toujours représentatifs d’un public varié, ou elles peuvent être influencées par des intérêts commerciaux ou idéologiques.
Selon une étude de l’institut de recherche AT Internet effectuée en juillet 2010 dans 23 pays européens dont la Belgique, voici la répartition des principaux navigateurs web :

Outre l’érosion constante d’Internet Explorer qui perd 8,4 % cette année, l'étude nous révèle que Firefox réduit l’écart avec IE. En Allemagne Firefox (48.4%) a devancé Internet Explorer (39.4%) et est devenu le navigateur le plus utilisé.
Le support des standards et technologies actuels
Le succès de Firefox, tout comme celui de Google Chrome peut s’expliquer de différentes manières. Pour un développeur web, les éléments clés sont le support des nouvelles technologies, sa rapidité et les nombreuses applications complémentaires (plugins) disponibles.
Par exemple, pour produire un effet dans certains navigateurs dernières génération, il ne faut que l’une ou l’autre ligne de code. Par contre, ce même effet demandera dans le chef d’Internet Explorer des développements plus conséquente ou pas mal d’ingéniosité, dans l’attente qu’il y ait enfin une mise à jour incluant les dernières technologies. Microsoft semble cependant vouloir faire des efforts pour accentuer le rythme des nouvelles versions, mais celles-ci accusent encore souvent un retard dès leur sortie.
Voici un tableau des différents navigateurs et leur support des nouvelles technologies du web : HTML5, CSS3, SVG, ... tiré d'une analyse complète du site When can I use :

Le nœud du problème
Autant de navigateurs déclinés pour la plupart sous différentes plates-formes (Windows, Mac OS et Linux) et différentes versions. A l'arrivé de chaque nouvelle version, il faut un temps plus ou moins long pour faire disparaître les anciennes.
Voici un graphique du site StatCounter Global Stats reprenant la répartition au niveau mondial des différentes versions des navigateurs durant un mois.

On remarque qu'Internet Explorer 6, vieux de 10 ans, reste toujours présent sur le marché avec plus de 8% et la version 7 avec 14,19%.
Malgré ces scores médiocres en terme de support des standards et des technologies pourquoi IE 6 peine t-il encore à disparaître ? Sur le terrain, nous constatons que dans la plupart des cas, ce sont les grandes entreprises et les institutions publiques qui ont le plus de mal à se défaire de ce dernier. A l’origine intégré à Windows, il est utilisé par de vieux programmes propriétaires sur leur réseau interne qui ne supportent pas les nouveaux navigateurs. Ces entreprises ne peuvent/veulent pas supporter les importants coûts qu’entraineraient les mises à jours afin de les rendre compatibles avec les standards actuels.
Cela a pour conséquence d'obliger de nombreuses sociétés à développer des sites web/applications tenant toujours compte d'IE 6 vu que celui-ci peine à être remplacé.
Ce phénomène conduit d’une certaine manière à la création d’un web à 2 vitesses, en tirant vers le bas les performances disponibles.
Sur le marché, on constate que le surcoût nécessaire à la compatibilité peut aller jusque 30% du prix global d’un projet.
Malheureusement, de tels freins se traduisent en une réduction de la qualité de l'expérience pour l’utilisateur final, le visiteur du site ou l’utilisateur de l’application web.
Pas de solution miracle
Chers confrères administrateurs de réseaux dans les grandes entreprises et institution publiques qui lisez ce billet, à vous de défendre les budgets nécessaires à la migration vers des versions plus récentes des navigateurs Internet … Et pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour choisir d’intégrer un navigateur alternatif ! Nous comptons sur vous pour nous aider à ouvrir les horizons et améliorer l’expérience des internautes qui comptent sur nous pour leur offrir un web à la hauteur de leurs attentes.
Pour conclure, précisons que les parts de marché n'expliquent pas tout. En effet, il faut également tenir compte du public cible. Par exemple un site destiné à des personnes d'une tranche d'âge plutôt jeune ne devra sans doute pas tenir compte d’IE6...
Et comme chaque projet est souvent fort spécifique, on comprend dès lors pourquoi les navigateurs font partie intégrante de la réflexion d'un projet de site/application web.
