La Recrue du Mois: Immense profondeur de la douleur...
Par Jules
"Écrire les Îles. C'est impossible. C'est quelque chose de physique, il faut y être. Mon père me comprendrait. Lui qui regarde si loin vers l'infini, où il ne peut s'égarer. Comme si je sentais le vent salé me fouetter le visage. Comme elle." (p.58)
Impossible? Et pourtant, à travers les mots de cette jeune érivaine, on y sent le vent, on le sent nous porter, nous transporter au travers de cette tragédie familiale qui a laissé aux fonds des coeurs quelque chose d'abyssal, de très profond et d'obscur... Un trou béant qui ne pourra jamais se refermer et qui agit contre le pouvoir et le vouloir de Claire, Élisabeth et Julien. Si proches, mais si éloignés en même temps, chacun tente une dernière fois de remonter à la surface, de mieux respirer après le suicide de leur mère, mais y arrivent-t-ils vraiment?
La plume est délicate et violente dans un même jet, elle virevolte entre la poésie et le récit. Elle remue le lecteur comme ces grands coups de vent qu'offre ces Îles magnifiques...

