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Bonnes Fêtes de Fin d'année à tous.
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Un Grand merci au Pavillon CG Le / Le Pavillon CG qui nous a accueilli et nous a permis de réaliser des créations multimédias et photographiques...
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C'est en 2015, il y a quelques années sur France 3.
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Technium Kingdom

Photographer Murat Öztürk captured this stunning scene containing an ant trying to take down a flying wasp. [Flickr]

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Jean-Christophe Hanché

Et j'entends encore dire qu'il ne faut pas parler de crise de la photographie, ce serait faire état d'un pessimisme insidieux, un défaitisme indigne de notre be...au métier. Ceux qui parlent de crise seraient déconnectés des merveilleuses initiatives qui fleurissent chaque jour grâce à tous ces talents qui émergent...

Je regarde passer les méthodes, parfois payantes (!) pour améliorer nos réseaux, nos sites internets, nos projets. Des méthodes censées nous apprendre à mettre nos désirs en ordre de bataille pour être visibles, donc entendus, donc soutenus.
Je regarde passer les prix, les récompenses, qui tournent en petit comité, gratifications qui deviennent le dernier tremplin pour espérer continuer, seulement continuer.
Et puis j'entends les confrères, célèbres ou pas, dire dans un souffle, que vraiment c'est devenu très compliqué de continuer à avancer. Souvenez-vous de Stanley Greene qui cherchait péniblement ces dernières années de quoi financer un projet, lui qui n'avait plus rien à prouver, sur son engagement et sa capacité à produire ce qui sera transmis à plusieurs générations...
Et puis je compte, plutôt je ne compte plus, les charges sociales qui s'abattent ces dernières années sur ma profession : maladie, CSG, RDS, cotisations retraite (retraite qui ne nous permettra pas de vivre). Des seuils de cotisations qui explosent et qui sont complètement déconnectés du contexte économique réel de ceux qui y sont assujettis.
Le dernier coup de butoir est venu de la révolution numérique qui a rendu nos outils fragiles et dispendieux. Nous devons investir sans jamais avoir le temps de l'amortir du matériel et des solutions informatiques exorbitantes sous peine de ne même pas pouvoir ouvrir une photo...

La ritournelle du "quand on veut on peut" a ses limites. Nous (photographes), émergents ou confirmés, devrions pouvoir prétendre à un statut d'intermittence, seul garant de notre liberté de création, de notre autonomie, de notre indépendance de tout comité ou cercle d'influence devant être perpétuellement courtisé et séduit. L'intermittence est aussi seul rempart contre la précarité galopante de notre métier, la chute vertigineuse des tarifs et les droits d'auteurs non respectés.

Je vois déjà l'étendard de l'assistanat honteux se dresser, l'argument du mécénat poindre sournoisement dans le discours réprobateur des tenants d'une création enfin débarrassée de sa soumission à l'état. J'imagine les finances publiques, exsangues, convoquées pour témoigner que trop c'est trop et qu'il faut désormais vivre avec son temps et compter sur soi. Néanmoins, au-delà de ces arguties stériles et dogmatiques, je crois à cette forme de soutien de la société pour ceux qui contribuent à la création, indispensable à la collectivité. Je crois à la photographie comme tiers inestimable pour la médiation, l'éducation, la transmission de nos valeurs sociétales. Je refuse que ma pratique soit, à l'instar des peintres, des sculpteurs, des écrivains, et tant d'autres, reléguée en 4ème division du championnat des Arts. Si il existe un spectacle vivant, toutes les formes d'arts sont vivantes, à part entière, aussi ! Imaginez, puisqu'il faut illustrer ce propos, une SNCF où ceux qui travaillent dans un secteur seraient cheminots et ceux qui travaillent dans un autre secteur ne le seraient pas ?

Alors sans création, plus de photographie. Ce n'est plus le marché qui permettra celle-ci car il est déjà assujetti au principe de rentabilité, financière ou médiatique, rendant schizophrène une partie de la profession, qui doit jongler avec ce qui rapporte pour espérer exister, au sens latin du terme, être en dehors de soi, au travers ce qui n'est pas rentable mais néanmoins vital.

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