« Accueillir l’étranger n’est ce pas aussi accueillir l’Enfant de Bethléem ? »
« Quelques jours avant Noël la paroisse Sainte-Marie en Ondaine a organisé une soirée débat sur le thème “Accueillir l’étranger” en présence de trois demandeurs d’asile venus d’Albanie, de Géorgie et du Congo résidant dans la vallée de l’Ondaine, venus apporter leur témoignage.

Petit écho du Père Gilbert

Pourquoi sont-ils venus ? Qu’est ce qui a été le plus difficile ? Comment voient-ils leur avenir ? Ces questions ont pu réveiller chez eux des souffrances vécues au long de leur chemin de migration qui les a conduit jusqu’à chez nous. Nous les remercions de bien avoir voulu livrer un bout de leur vie. Avant leur témoignage on nous avait exposé quelques données statistiques sur la réalité de la migration en France, dans la Loire et dans la vallée de l’Ondaine et sur les termes utilisés qui cachent des réalités tellement diverses : Immigré ? Migrant ? Sans papiers ? Demandeur d’asile ? Débouté ?
Jean François , responsable du comité de parrainage de Firminy a évoqué la situation des migrants dans la Loire et en particulier des jeunes mineurs mais surtout la mobilisation de nombreux citoyens, en particulier des chrétiens, pour accueillir, accompagner, loger, nourrir, scolariser celles et ceux qui frappent à notre porte. Il terminait son intervention par cette formule choc « L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants aujourd’hui ».
Que dit l’Eglise sur la question des migrants ?
Le père Michel Mounier, s’appuyant sur des textes de l’Eglise et en particulier les prises de position des papes concluait la soirée. Des chrétiens et d’autres, nous a-t-il dit, devant ces positions de l’Eglise concernant l’accueil des migrants, se demandent si elle n’est pas naïve. Généreuse certes, réaliste ?
L’Eglise s’appuie sur six principes essentiels :
1/ La dignité de la personne humaine : « Quelque soit sa nationalité, son sexe, sa couleur de peau, sa religion toute personne doit être respecté dans sa dignité. Elle est notre frère et notre sœur en huma- nité ».
2/ La destination universelle des biens : « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples. Les biens de la Création doivent équitablement affluer entre les mains de tous ».
3/ Le bien commun universel : l’Eglise affirme le droit de tout homme à aller chercher des « ressources vitales » dans les nations « mieux pourvues », s’il n’en dispose pas chez lui. 4/ Le droit de vivre en famille : L’Eglise défend le droit de toute personne à vivre en famille d’où le droit au regroupement familial.
5/ L’intégration : Les textes de l’Eglise sont clairs « Ni assimilation, ni communautarisme mais intégration ». « Dans nos sociétés touchées par le phénomène de la migration…il est nécessaire de reconnaître la pluralité des cultures présentes dans un pays, sauvegardant la protection de l’ordre dont dépendent la paix sociale et la liberté des citoyens » (Jean Paul II)
6/ La culture de la rencontre : « Face à des propos hostiles envers les immigrés, l’Eglise ne doit pas manquer de faire entendre la voix de la fraternité en l’accompagnant de gestes de charité » Jean-Paul II. « Face à une attitude de peur, de désintérêt, la marginalisation des migrants, la culture de la rencontre est la seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur. La migration ne constitue pas d’abord un problème mais un fait social global qui comporte des aspects positifs. L’accueil du frère venu d’ailleurs est un devoir moral mais aussi une source d’enrichissement mutuel, une manière de construire un monde meilleur » (Pape François)
« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli … ».
Saurons-nous accueillir cette année l’Enfant de Bethléem dans la personne venue d’ailleurs ?
Père Gilbert