Christian Paul
about 3 years ago

Le référendum en Nouvelle-Calédonie oblige notre République à changer son regard et à inventer une nouvelle relation.

Les citoyennes et citoyens appelés à se prononcer se sont rendus très nombreux aux urnes et ont choisi en majorité le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans l’ensemble français.
Ce référendum est un moment historique, ce n’est pas une fin. Le vote s’est déroulé avec une dignité exemplaire, dans un esprit de paix qui doit être salué. Là comme ailleurs, la voie... démocratique est exigeante et difficile. Elle permet et permettra demain le dialogue et le respect mutuel là où trop longtemps s’exercèrent la domination et la violence.

Mais ce vote oblige désormais le gouvernement calédonien et plus encore les autorités de la République et toutes les parties, à s’inspirer durablement de l’esprit des accords de Matignon et de Nouméa, en affirmant une politique volontariste et concrète de développement et de transformation économique et social en faveur du peuple kanak et de ses droits. Elle devra être fondée sur le partage des richesses, et la préservation des biens communs écologiques et culturels. Sans cette volonté, il n’y aura pas de destin commun.

C’est à cette condition-là, et à elle seule, que ce scrutin, qui ne doit avoir ni vainqueurs ni vaincus, marquera le point de départ d’une Calédonie postcoloniale. Pour cela, à l’image des visionnaires qui ont marqué l’histoire de ce pays en se projetant toujours devant, la République doit changer son regard et inventer une nouvelle relation. C’est un défi sans précédent pour notre idéal d’égalité.

Christian PAUL,
ancien secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer
le 4 novembre 2018

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